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Bombardements de mai 40 : un lieu de mémoire pour les victimes « oubliées »

Bombardements de mai 40 : un lieu de mémoire pour les victimes « oubliées »
31 mai 2022 admin

LA VOIX DU NORD 08/05/2022

par Christelle Jeudyarmentieres@lavoixdunord.fr

 

La plaque qui sera apposée rue de Dunkerque, est une œuvre collective : Christian Antonelli, dessinateur (à gauche), a voulu aider Hans Landler en la peignant.

Le 24 mai, une plaque rappelant les bombardements de mai 1940 à Armentières sera installée rue de Dunkerque, près de l’auberge de l’Abattoir. En mémoire des 177 victimes civiles ainsi sorties de l’oubli par Hans Landler.

Armentières.

On ne doit pas oublier, c’est important.

C’est l’aboutissement d’un long travail entamé il y a plusieurs années par Hans Landler, le président des Amis de la cité de la Toile et passionné d’histoire locale : le 24 mai prochain, à 17 h 45, une stèle honorant la mémoire des 177 victimes civiles des bombardements de mai 1940, à Armentières, sera inaugurée devant l’auberge de l’Abattoir, rue de Dunkerque. Un lieu et une date symboliques puisque le 24 mai 1940, 48 personnes sont mortes sous les bombes des Stukas allemands devant une boulangerie de la rue du Nord, à quelques mètres de l’endroit où la plaque commémorative sera installée.

En écrivant son livre sur la Seconde Guerre mondiale à Armentières, Hans Landler a pu retrouver les familles de certaines victimes de la rue du Nord : celles-ci ont d’ailleurs témoigné dans nos colonnes, émues de voir leurs proches enfin sortir de « l’oubli » à la faveur de cet ouvrage.

bonnes volontés

Mais pour le passionné d’histoire, un livre, ce n’était pas assez. Il fallait qu’un monument en hommage à ces victimes civiles voit le jour à Armentières. Ce qui n’a pas été sans mal mais aujourd’hui, la plaque existe bien, grâce notamment à l’action de personnes qui ne se connaissaient pas du tout avant, et ont tenu à apporter leur pierre à l’édifice de la mémoire.

C’est le cas d’un entrepreneur de Bailleul, Santo Petranto, spécialiste de la 3D, qui a imaginé et fabriqué gratuitement la plaque, dans une matière résistant aux intempéries. Et Christian Antonelli, dessinateur qui a longtemps travaillé dans la presse parisienne, s’est lui aussi associé à l’œuvre finalement collaborative, en la peignant instinctivement aux couleurs « du ciel et des flammes ». Presque celles de l’Ukraine aujourd’hui sous le feu des bombes, comme Armentières il y a 82 ans, curieuse et inquiétante répétition de l’Histoire. « Quand j’ai rencontré Hans, j’ai été ému de le voir parler autant du passé. On ne doit pas oublier, c’est important », témoigne Christian Antonelli, qui dirige maintenant l’atelier Terre et Feu à Lille. Un menuisier de Bois-Grenier, Mickaël Desinge, réalisera, lui, le socle en bois qui accueillera la stèle. Les Archives municipales et la ville s’associeront, elles, en apposant au pied de la stèle un QR Code permettant d’accéder à la liste de toutes les victimes et l’histoire du lieu. « C’est vraiment une association de toutes ces personnes qui a permis que cette plaque existe », souligne Hans Landler. Une plaque pour ne pas oublier que, du 24 au 28 mai 1940, pendant l’exode, 177 civils de toutes nationalités ont péri sous les bombes dans la cité de la Toile.

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